Culture et philosophie de la paix

Crédit : 2 ECTS

Volume horaire

  • CM : 18 h

Description du contenu de l'enseignement

A partir d’éclairages historiques, politiques et sociologiques et en s’appuyant sur des cas précis, le cours a pour objectif d’explorer les questionnements auxquels sont confrontées les sociétés qui s’extraient de la guerre et de s’interroger sur les conditions de fiabilité de la paix.
L’accord politique qui met un terme aux hostilités ne permet pas de décréter la paix, ni l’entente entre les anciens adversaires. Les frontières entre temps de guerre et de paix sont perméables et la pacification des sociétés et des esprits ne constitue pas un mouvement nécessaire et linéaire.
Souvent, la violence perdure sous plusieurs formes : on perçoit notamment les phénomènes de criminalisation et de « brutalisation » des sociétés dans les périodes d’après conflit, le conflit est peut être remémoré et rejoué, la figure de l’ennemi brandie.
En outre, la paix soulève la question de sa fiabilité et de sa durabilité. La nature du compromis entre les anciens belligérants, le sentiment éventuel d’injustice que celle-ci suscite, les rapports qui s’instaurent entre perdants et vainqueurs sont autant de dimensions à examiner pour évaluer la nature et l’avenir de la paix.
Nous abordons ensuite les manières d’articuler les exigences de justice et les objectifs de pacification et de réconciliation. En effet, les guerres civiles ou interétatiques portent leur lot d’exactions, de crimes de guerre, ou de crimes contre l’humanité. Après la deuxième guerre mondiale, les vainqueurs imposent leur justice avec les procès de Nuremberg et de Tokyo tout en décidant la réintégration rapide de l’Allemagne et du Japon dans le concert des nations.
Entre 1950 et 1980, la voie dominante est celle de l’impunité et du silence. Puis, s’impose progressivement la voie des commissions nationales qui cherchent à établir la « vérité » et à pacifier les rapports entre anciens adversaires. Plus d’une trentaine de commissions ont vu le jour à travers le monde et ont tenté de mettre au point une formule qui combine différemment quatre éléments : vérité, réconciliation, punition et réparation. A partir de multiples exemples et notamment des cas argentin, chilien, sud-africain, on étudiera les manières dont les gouvernements et les sociétés investissent et modèlent ces processus de justice et de réconciliation.

Enseignant responsable

LAETITIA BUCAILLE



Année universitaire 2017 - 2018 - Fiche modifiée le : 11-07-2017 (14H39) - Sous réserve de modification.