Sociologie de l'expertise

Crédit : 2 ECTS

Volume horaire

  • CM : 18 h

Compétences à acquérir

Le cours vise à appréhender les grands axes thématiques de la sociologie de l’expertise, principalement appliquée aux secteurs des politiques de santé publique et des politiques environnementales.
L’objectif est de comprendre les divers mécanismes et processus qui concourent à la construction et la mobilisation de savoirs experts dans le gouvernement des risques sanitaires et environnementaux.
Nous abordons d’une part les modes de définition des problèmes publics et les formes de légitimation de l’action publique que favorise l’expertise contemporaine. Nous nous penchons d’autre part sur les modalités concrètes de production de l’expertise et sur les types de savoirs mais aussi d’ignorances que celles-ci engendrent.

Description du contenu de l'enseignement

Plan du cours :
  • Séance 1 - Introduction (R.Crespin)
- Une brève histoire de la catégorie d’expertise
- Objectiver le flou de l’expertise : le concept de situation pour penser les usages
- L’expertise comme appropriation de savoirs et de connaissances par l’action publique
- Plasticité et pluriel de l’expertise : l’expertise comme objet-frontière
- Risques et chiffres : quand l’action publique fait « science »
- Peut-on considérer que l’expertise comme un ajustement de savoirs à l’action ?
 
  • Séance 2 - Expertise et légitimation de l’action publique (N.Fortané)
- Les sciences de gouvernement
- Les think-tanks comme producteurs de savoirs ajustés à l’action
- Le rôle des agences de santé
- Le rôle des instruments
- Études de cas autour de la sécurité sanitaire :
- La carrière de l’addictologie
- L’histoire de l’épidémiologie de terrain
 
  • Séance 3 - Expertise et mobilisations sociales (R.Crespin)
- Extension du domaine de l’expertise : transgresser et faire connaitre
- Recours et usages de l’expertise dans les mobilisations de santé et de défense de l’environnement : une expertise peut-elle être profane ?
- De la sociologie de l’expertise à la sociologie (Des usages) du droit
- Le rôle des acteurs privés dans la fabrique de l’expertise
- Etudes de cas : santé, environnement, santé au travail
 
  • Séance 4 - Expertise et production de l’ignorance (R.Crespin / N.Fortané)
- De quoi les experts seraient-ils indépendants ?
- Le syndrome du réverbère : ce que masque les expertises techniques
- Le poids des configurations politico-scientifiques
- Les dimensions cognitives, métrologiques et organisationnelles de l’ignorance
- Temps scientifiques et temps politiques sont-ils compatibles ?
- Etudes de cas : Santé au travail, insécurité routière, les déchets nucléaires, l’action publique environnementale
 
  • Séance 5 - La fabrique de l’expertise : pratiques, savoirs et dispositifs sociotechniques au concret (N.Fortané)
- Organisation et fonctionnement des « comités » d’expertise
- De le recherche scientifique à l’expertise
- L’expertise à l’articulation de plusieurs mondes
- Dispositifs, instruments, outils techniques : la matérialité de l’expertise
- Etude de cas : la production d’un rapport sur l’antibiorésistance
 
  • Séance 6 - Conclusion : vers une expertise transnationale ? (R.Crespin / N.Fortané)
- Les circulations transnationales de l’expertise
- Apports et limites du catéchisme consensuel : le cas des organisations internationales dans la lutte contre le VIH/SIDA OMS et l’ONUSIDA
- Des expertises environnementales controversés : le cas des ONGs environnementales et du GIEC
- Le rôle des firmes industrielles dans les espaces internationaux de l’expertise : « vendre du doute » et construire des normes

Mode de contrôle des connaissances

Note de synthèse (Devoir maison).

Bibliographie, lectures recommandées

  • Bérard Y., Crespin R. (dir.), Aux frontières de l’expertise. Dialogues entre savoirs et pouvoirs, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010.
  • Castel R., « De la dangerosité au risque », Actes de recherche en sciences sociales, vol. 47-48, 1983, p. 119-127.
  • CRESAL, Situations d’expertise et socialisation des savoirs, Actes de la table ronde des 14 et 15 mars 1985, Saint-Étienne, 1985.
  • Delmas C., Sociologie politique de l’expertise, Paris, La Découverte, coll. « Repères », 2011.
  • Desrosières A., L’argument statistique, vol I : Pour une sociologie historique de la quantification, Paris, Presses de l’École des mines, 2008.
  • Lascoumes P. (coord.), Problèmes économiques et sociaux, « Expertise et action publique », n° 912, mai 2005.
  • Porter T.H., Trust in Numbers, The Pursuit of Objectivity in Science and Public Life, Princeton, Princeton University Press, 1995.
  • Restier-Melleray C., « Experts et expertise scientifique. Le cas de la France », Revue française de science politique, vol. 40, n°4, août 1990, p. 546-585.
  • Robert C., « Expertise et action publique », Borraz O. et Guiraudon V. (dir.), Politiques publiques 1. La France dans la gouvernance européenne, Paris, Presses de Sciences Po, 2008, p. 309-335.
  • Trepos J.-Y., « L’expertise comme équipement politique de la société civile », Questions de communication, n° 2, 2002, p. 7-18.
  • Borraz O., Gilbert Cl., « Chapitre 12 : Quand l'Etat prend des risques », in Politiques publiques 1, Presses de Sciences Po, 2008, p. 337-357.

Enseignant responsable

NICOLAS FORTANE

Enseignant responsable

RENAUD CRESPIN



Année universitaire 2017 - 2018 - Fiche modifiée le : 29-03-2017 (12H18) - Sous réserve de modification.